Le Temps : un étalon* pour l’Éco animiste

Le principe Éco animiste met facilement en lumière la sensibilité aux états de tension. Le projet d’affaires Éco animiste voit l’essentiel de son action consister à poser les bases d’un résultat attendu et à administrer les actions pour accompagner l’attente de l’accomplissement du livrable à l’issu du temps naturel de développement issus de l’effort calculé pour l’action du projet. Le Temps est considéré comme un « mètre » et non comme un « maître » (*Monture et référentiel).

Dans un projet d’affaires Éco animiste, il peut se créer des tensions pendant l’attente de l’accomplissement d’un livrable futur. Cela peut être le fait d’un manque d’information ou de visibilité sur le processus par lequel le livrable sera obtenu ou tout simplement par l’inadéquation de l’Attitude de l’acteur Éco animiste qui n’aligne pas ces attentes sur les réalités temporelle et ne s’adapte pas aux ressources disponibles dans l’environnement du projet. Un autre type de tension peut se créer entre deux pôles d’action au sein du projet (finances, coordination, commercialisation…). Cela est encore le fait d’un déficit de partage de l’information pour faire converger l’action motrice pour le projet vers un point médian dit de « modération ». Les extrêmes sont à aplanir idéalement pour éviter de créer ces tensions dans un des paramètres du projet. Dans tous les cas l’équilibre Éco Animiste, nous allons le voir, impose une pleine et parfaite circulation de l’information et une harmonie dans le rapport au Temps.

Pour illustrer ce dernier point prenons deux cas de tension : l’un dans une différence de fonctionnement entre deux acteurs d’un projet et l’autre dans le cas d’une incertitude (absence de retour) quant aux effets d’une action incitative.

Deux acteurs, un infographiste et un planificateur, peuvent travailler ensemble sur la livraison de l’aspect visuel d’un site Internet. L’infographiste a réellement du talent mais manque de structuration dans son travail. Les étapes de son travail ne sont pas claires et son action manque de visibilité. Le planificateur plus rigoureux quant à lui a le souci de la livraison au client dans le temps imparti. Il est habitué à utiliser de rétroaction pour suivre l’évolution du projet et s’adapter les ressources aux tâches. Le planificateur passe son temps à demander des comptes rendus à l’infographiste qui répond par le silence pour affirmer son indépendance et maintenir sa liberté de création. La tension qui réside entre est dû à des différences de profil et de façon de faire. Le point de modération serait de fixer des jalons explicites et commun pour l’avancement du livrable et de laisser chaque acteur libre de gérer son quotidien professionnel. Il s’agit d’une modération par harmonisation du rapport au temps.

Un consultant décèle une opportunité d’affaires chez une personne de son réseau. Il fait une offre qui correspondrait à l’état des besoins de ce potentiel client. Il n’obtient pas de réponse cependant. Après plusieurs relances le consultant décide de revoir sa stratégie car il ne veut pas donner l’air de harceler le prospect. Il tient à signer ce contrat qui lui permettrait de consolider ses finances. Il est face à une incertitude face à l’accueil de sa proposition commercial. L’absence de réponse ou de rétroaction dans l’information émise pousse naturellement à spéculer ce qui est peu recommandé dans les principes de l’Éco animisme où la patience est de mise après que l’Effort Lean (issu de l’Intention Lean) ait été fourni. Ici, on est en présence d’un déficit de circulation de l’information. La tension se situe entre les attentes du consultant et la raison du silence. Le point de modération serait d’identifier un relais facilitateur (connaissant le client potentiel et proche du consultant) par lequel l’information pourrait arriver jusqu’au consultant et lui permettre de réagir. Il s’agit d’une modération par remise en circulation de l’information.

La stratégie vis-à-vis du temps est un fondement de la Méthode Ka et de l’Éco animisme.